ITW 360 – Le meilleur contrat de travail du monde. Partie 1

2019-06-14T09:56:56+02:0011/06/2019|Interview 360, Mailoop|Verso|0 Comments

Le contrat de travail est un sujet abordé à l’embauche d’un employé et souvent rapidement oublié. Pourtant, il est à l’origine de nos conditions de vies au travail et devrait être le socle de la relation employeur employé. À l’arrivée du Directeur Technique Edouard Étancelin chez Mailoop, nous avons décidé de rédiger un contrat différent qui saurait mettre l’accent sur les thèmes essentiels de l’entreprise.

– Histoire et bilan un an plus tard, avec Arthur Vinson notre CEO :

 

Pourquoi un contrat innovant ? 

 

  • Comment vous est venu l’idée de créer ce contrat ? Pourquoi avez-vous décidé de le faire ?
  • Comment s’est passé le cheminement qui vous a amener à créer cela à l’embauche d’Edouard ? 

 

Avant tout, nous avons pensé à cette valeur de congruence. Les raisons de cette réflexion autour du contrat portaient principalement sur deux axes 

Le premier partait du fait qu’après avoir baigné plus d’un an dans l’écosystème startup RH, j’étais un peu effaré de voir à quel point le sujet des Relations Humaines étaient absent des startup en elles-mêmes. Je me disais qu’il y avait un décalage étonnant entre la promesse de leurs solutions et la réalité de leur quotidien.

Plus je lisais des articles sur les risques psychosociaux, plus je me rendais compte que toutes ces startup, souvent exemplifiées pour la qualité de vie au travail, ont les taux de burn-out ou de turn-over les plus élevés.

C’est joli, attrayant mais les gens n’y restent pas et ne s’y sentent pas si bien que ça.  

Et ce constat, je l’ai aussi fait en rencontrant des habitués des start-up, notamment lors de ma formation au Wagon. On se croise et on met en commun les frustrations du grand groupe et celles de la startup et finalement, ce sont les mêmes. Donc la magie d’avoir un petit local sympa, une petite équipe qui est surtout une bande de potes, finalement ne suffit pas à créer les conditions de l’épanouissment.  

C’est là que je me suis dit qu’il y avait un vrai sujet : comment peut-on créer autre chose qu’une bande « de potes » et travailler là-dessus ?  

La deuxième valeur qui pour moi a été clé, c’est l’inclusivité. Et justement, c’est très lié au contrat de travail. Comment on fait pour créer un environnement de travail qui ne va pas attirer que des copies conformes les uns des autres ?  

Parce que c’est un peu le modèle classique : on se retrouve et on aime bien chez les autres ce qu’on aime bien chez soi. Cela donne des équipes assez homogènes.   

Alors c’est ce qui donne l’agilité d’une start-up à court terme : tout le monde s’entend, a fait les mêmes écoles, les mêmes études, cela permet d’aller très vite. Mais lorsqu’on commence à grandir et s’inscrire dans le temps, ça manque un peu de contradictions et de challenge en interne. Et cela ne crée pas forcément des entreprises qui vont donner envie de travailler et seront attractives pour tous les profils.  

Comment peut-on penser notre façon de travailler pour que ça attire aussi bien des gens qui viennent de background, de cultures et avec des rythmes de vie différents ? 

Je l’ai vécu personnellement par mes soucis de santé et mon statut de travailleur handicapé. Effectivement je n’ai pas le même rythme de travail que tout le monde, ce qui m’a amené à me poser ces questions de rythme de travail très tôt. C’était tout à fait compatible avec mon job précédent chez Lafarge. Je ne me sens pas moins bon pour autant, c’est juste que j’ai besoin d’avoir ces libertés-là pour aller chez le médecin, aller à l’hôpital et gérer ça en autonomie sans avoir besoin de rendre des comptes. 

Donc ces ingrédients mis ensemble, mon vécu et les valeurs fortes que je voulais incarner, ont fait qu’à l’arrivée d’Édouard nous nous sommes interrogés. Comment pourrait-on essayer de travailler pour définir un contrat rêvé ou le contrat du futur ? 

 

  • En quoi le contrat est-il différent ? Innovant ? 

 

Premièrement, ça ne sert à rien de tout faire tout seul. Donc le premier réflexe a été de se tourner vers le Lab RH qui réfléchit de façon très prospective et très intéressante sur le contrat de travail. J’ai pris contact avec Alexandre Stourbe et on a beaucoup discuté. Justement, ils avaient déjà travaillé sur la formulation du contrat de travail 

Selon eux, il est possible de sortir d’un document purement juridique qui n’est quand même pas très sympa, pour le célébrer plus, qu’il soit plus agréable à lire, plus joyeux.

Cela pourrait déjà changer l’apriori et la perception qu’on peut avoir de l’entrée dans la vie active en entreprise.  

Donc ça, ça a été un point important. Alexandre avait beaucoup travaillé là-dessus et le Lab RH a partagé avec nous toute une formulation du contrat de travail. C’est sous la forme d’une belle histoire qu’on raconte entre collaborateurs et l’entreprise.  

Le contrat a été fait avec des avocats : il a exactement le même poids et les mêmes valeurs juridiques qu’un contrat classique. Seulement cela permet déjà dans la forme, d’ancrer un peu la différence et montrer que c’est un peu plus à l’écoute et empathique vis-à-vis du collaborateur.  

Deuxième phase après la forme, le fond bien sûr. Justement, quels sont les nouveaux droits qu’on peut inventer pour faire un contrat de travail innovant ? 

Plutôt que de s’ancrer dans une certaine déconstruction des acquis sociaux pour avancer plus vite, conséquence du mode « start-up », nous avons fait l’effort d’y voir de nouvelles opportunités pour attirer les talents. 

Et c’est quelque chose dans lequel je ne me reconnaissais pas. Au contraire, j’ai quitté un grand groupe et monte une entreprise pour inventer de nouveaux acquis sociaux et encourager un progrès social. Donc pour ce contrat, notre axe fondateur a été de se dire : Si on considère les différentes thématiques, quels sont les nouveaux droits à inventer ?  

 

Interview à suivre 

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